7 novembre -12 novembre 2006
Le parc Royal National de Bardia

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Agence : Ghale treks & expeditions

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Le parc Royal National de Bardia est situé dans l'ouest du Népal dans le Teraï à la frontière de l'Inde et à environ 400 km de Kathmandu.
Pour y accéder, 1 heure d'avion mène à Nepalganj à une centaine de kilomètres du parc. De là on continue par la "Mahendra Highway", très bonne route qui traverse tout le Teraï, ce qui prend 2 petites heures en voiture.
Dans la région de Bardia et à proximité de l'entrée du parc proprement dit se trouve quantité de petits villages d'ethnie Tharu dont le village de Thakurdwara où plusieurs lodges assez sommaires mais très accueillants permettent aux forts peu nombreux visiteurs de se loger.

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Daulaghiri-Annapurna
Daulaghiri-Annapurna

Le voyage en avion dans un petit bimoteur Beechcraft vaut déjà la peine à lui tout seul car on traverse tout l'ouest du Népal en passant devant les massifs du Ganesh Himal, du Manaslu, du Lamjung Himal, de l'Annapurna et du Daulaghiri...pendant que pilote et co-pilote lisent tranquillement leur journal !

Personnellement, j'ai logé au "Rhino Lodge de Bardia" très sympathique avec des chambres dans des bungalows répartis dans un joli jardin pleins de fleurs.

L'électricité arrive dans le village mais si faiblement qu'on n'y voit pas grand chose. Les repas du soir se font donc à la chandelle ce qui contribue à donner une ambiance assez chaleureuse. Je suis seul avec 2 Berlinois, le père et le fils très sympathiques et avec lesquels j'effectuerai la visite du parc.

Le parc proprement dit n'a qu'une seule entrée (payante) et fait une soixantaine de km de long ouest-est sur une vingtaine de large nord-sud le long de la rivière Karnali, un des principaux affluents du Gange.
Il abrite 250 espèces d'oiseaux, des éléphants, rhinocéros unicornes, tigres, cervidés, singes, mangoustes, civettes, etc...

Le pont de Chisapani
Le pont de Chisapani

Le point fort de mon séjour aura été la descente, en boudin rapiécé, de la Karnali, ce qui prend une grande partie de la journée avec quelques arrêts sur les rives pour guetter tigres et autres animaux.

Il faudra aussi écoper de temps en temps.

La Karnali est une rivière très large séparée en de nombreux bras qui se rejoignent formant des sortes de rapides plutôt tumultueux et qui rendent la vie bien difficile au pauvre cinéaste balloté en tous sens !

On part du pont de Chisapani, ouvrage haubanné assez extraordinaire construit pour la "highway" par les Japonais avec le financement de la Banque Mondiale et dont l'unique pile m'a semblé encore plus haute au-dessus du tablier que celles du célèbre viaduc de Millau.

Tout le long, on peut voir nombre d'oiseaux aquatiques, martins-pêcheurs, cigognes, rapaces, oies, perroquets, floricans du bengale, grues antigones et quantité d'oiseaux multicolores aussi divers que variés. Il y a aussi quelques dauphins du Gange mais on ne les a pas vus.

On peut facilement aborder dans les îles et y repérer dans le sable les empreintes d'animaux et attendre patiemment que la soif ne les pousse vers les photographes.Tout le problème est que ce qui se passe dans la tête de l'animal à photographier n'est pas le même que ce qui se passe dans la tête de celui qui voudrait les photographier ! Patience ! Patience !

Le bateau prenant l'eau on sera toute la journée les pieds dans plusieurs centimètres de liquide heureusement tiède.
Le ciel est tout bleu, le soleil ardent, lunettes indispensables, la température d'au moins 25° sinon plus. C'est assez paradisiaque. Où sommes-nous ???
Ce n'est pas la rivière qui coule mais un rêve qui s'écoule...

On a bien failli se baigner dans cette onde limpide, mais il y rôde quelques crocodiles, type gavial, aux dents aussi nombreuses que pointues ...

 

Au bord de la Karnali
Au bord de la Karnali
 
Descente de la Karnali
Descente de la Karnali
Cormoran
Cormoran
Aigrette
Aigrette ou grue ?
Cigognes
Cigognes noires
  Oies
Oies
Marcassins
Marcassins
Empreinte de tigre
Empreinte de tigre
 

Le parc est constitué en grande partie d'une forêt de sals, de prairies, de savanes et d'une jungle par moments clairsemée mais souvent impénétrable.
On ne peut visiter que la partie ouest, toute la partie nord est occupée par une montagne dans laquelle n'existe pas de chemin, ni de route, tout au moins autorisée. Dans cette partie vivent des ours jongleurs.

La partie autorisée se visite de préférence à pied et en silence si l'on veut pouvoir écouter les plus petits bruits émanant de la jungle. Par contre, si on passe à proximité d'un éléphant, c'est l'inverse, c'est lui dont le barissement est assourdissant et il vaut mieux se tenir coi ou décamper silencieusement pour ne pas qu'il vous repère. Des touristes américains y ont laissés ainsi leur vie. Les guides népalais en ont une véritable peur panique. Surtout ne pas essayer de grimper dans un arbre, l'éléphant vous attrappe à plusieurs mètres de haut.

Planquez-vous !
Planquez-vous !
Rhinocéros
Rhinocéros

En ce qui concerne les rhinocéros, c'est le même topo, mis à part que cet animal voit mal et qu'on peut lui échapper derrière un arbre ou en courant en zig-zag.

Quant aux tigres royaux du bengale, ils seraient plutôt craintifs vis-à-vis de l'homme qu'en général il n'attaque pas. Il faut le regarder droit dans les yeux tranquillement sans provocation (hum, facile à dire!) et normalement il s'en va. Ils sont de toutes façons quasi impossibles à débusquer dans la jungle épaisse où ils se cachent et on ne peut les voir qu'au bord de la rivière où ils viennent boire. On est ainsi passé à côté de 2 tigres dont les traces étaient toutes fraîches dans le sable, mais, nous ont-ils sentis? Toujours est-il qu'on n'a pas réussi à les voir. La meilleure époque est l'hiver quand la jungle est moins dense et où on peut plus facilement les traquer.

  
Ici,
un tigre caché ...

Autre moyen de visiter le parc sans avoir trop la trouille est de se promener pendant des heures à dos d'éléphant. Personne ne l'attaque, on domine la région et on passe partout. C'est le véritable char d'assaut. Un arbre (pas trop gros quand même) gêne le passage? Paf, zim, boum ! un coup de trompe : plus d'arbre ! On peut traverser les rivières à crocodiles, passer dans des tourbières, la savane, pas de problème. Par contre, pour filmer, ça vaut le bateau car il se nourrit en même temps en secouant les brassées d'herbe qu'il arrache pour en chasser poussière et insectes. Il lui faut par jour 300kg de nourriture et 200 litres d'eau !

Si rien ne vaut le "pedibus cum jambis" dans les petits sentiers, la forêt étant quand même très grande et l'entrée unique, pour s'aventurer un peu loin bien obligé d'utiliser le 4x4. Il existe pour cela de petites routes mais il faut bien ouvrir les yeux, le bruit du moteur étant assez éloigné du gazouillis des oiseaux n'est pas bien propice aux rencontres fortuites.

  Daims
Daims

Il n'y a pas que des gros calibres dans cette jungle. On y rencontre une quantités de cervidés de toutes espèces notamment des daims et des cerfs, sauce asiatique : nilgauts, sambars, muntjacs, cerfs-cochons,etc...
Dans une autre partie lointaine de Bardia qui oblige à reprendre le 4x4, vivent des antilopes cervicapres (blackbucks, in English) qui courent très vite et font des bonds énormes et ne peuvent pas vivre dans la jungle.

Antilope cervicapre
Antilope cervicapre
 
Entelle
Entelle

Certes, dans une réserve d'animaux on s'intéresse surtout à eux mais dans une forêt, on y rencontrent aussi...des arbres ! Dans les arbres se trouvent des oiseaux, bien sûr, mais également des singes de plusieurs espèces, macaques rhésus mais surtout des "entelles".
L'entelle est un très joli petit singe qui fait des sauts totalement extravagants entraîné par une queue démesurée d'un mètre.
Il a un corps gris, le visage et les mains noires et la tête enveloppée dans une belle fourrure blanche.
Les hindouistes qui le vénèrent, l'associe au dieu singe Hanuman qui après avoir dérobé la mangue à Sri Lanka pour la faire connaître en Inde fut condamné à être brulé d'où sa face et ses mains noires.

Dans la jungle
Dans la jungle
 
 

 

La forêt est constituée de beaux arbres exotiques aux formes parfois étranges. La majorité d'entre eux sont des sals mais il y a aussi des kusums, des... dont j'ai oublié les noms...mais que les éléphants connaissent bien car ils viennent, soit s'y gratter, soit en manger l'écorce.
Le sal est un arbre exotique ressemblant de très loin à un hêtre avec un fût très droit et un bois très dur qui le prédestine aux charpentes.
Certains arbres sont littéralement cernés par de gigantesques lianes, invitant aux cabrioles et à l'escalade.


 
Pipal ?
Pipal ?
Meurtrissures d'éléphants
Meurtrissures d'éléphants
Notre guide
Notre guide
escalade
escalade
 

 

Le plus étonnant est le nombre prodigieux de termitières aux formes de montagnes himalayennes de parfois plus de 2m de haut.
En fait la plus grande partie de leur habitat est sous terre et leurs architectes très habiles construisent de grandes cheminées d'aération.
Le termite est un petit insecte pas très beau d'à peine 1 cm mais qui mange, qui mange...mieux vaut ne pas en avoir dans sa maison !

 

 
  termitière
Termitière
Termitière
Termitière
Ravages de termites
Ravages de termites
 
 

A la sortie de l'entrée unique de la réserve (ou à proximité de l'entrée, tout dépend du sens de la marche), se trouvent plusieurs villages Tharu éparpillés dans les cultures.
Notre hôtel, lui, est un peu plus loin à 3km mais sur la route on peut avoir la surprise de rencontrer des crocodiles d'un type assez spécial ->

Crocodile ??
Crocodile ??
Champ de moutarde et villageTharu
Champ de moutarde et villageTharu

A cette époque les champs de moutarde sont en fleurs jaunes, ce qui fait un merveilleux décor avec les petites chaumières Tharu en terre jaune-ocre dont les toîts sont couverts de végétation, en général mais pas toujours, ce sont des potirons qui poussent mieux sur les toîts que sur le sol.

Quand on vient de France, on débarque sur une autre planète où l'homme vit totalement en symbiose avec la nature. Il n'y a pas de téléphone, à peine d'électricité. La terre nourricière est utilisée au maximum tout autant pour les cultures que pour construire les murs, fabriquer de gigantesques jarres pour y stocker le riz, etc...

Mon guide étant du village dans lequel tout le monde est de la famille, pas de problème pour visiter les maisons et photographier ou filmer.
L'intérieur de la maisonnette est plutôt succinct. Pas de chaîne hi-fi mais le chant des oiseaux y pourvoie largement, pas de lave-linge mais à quoi bon, le soleil est permanent, pas de lave-vaisselle mais pour quoi faire : le dhal-bat est bien meilleur mangé avec les doigts.
Les lits sont constitués d'un cadre en bois et d'un treillage en cordelettes ce qui en fait une sorte de hamac très confortable.

Les Tharu qui ne sont pourtant qu'à une centaine de kilomètres des Tibétains de l'Himalaya ne leur ressemblent pas du tout mais on y trouve, comme partout au Népal ce qui n'est donc pas une surprise, même accueil et mêmes sourires. Je me demande même si leurs enfants ne sont pas encore plus beaux, ce qui n'est pas peu dire.

Pour le dernier jour, les jeunes du village sont venus à l'hôtel pour nous exécuter un spectacle de chants dansés Tharu suivis d'une grande farandole au son, bien sûr, de "Resham Firiri"

 

Les potirons sur le toît
Les potirons sur le toît
Village Tharu
Village Tharu
Maison Tharu
Maison Tharu
Les jarres à riz
Les jarres à riz
Egrénage
Egrénage
    Farandole tharu
Farandole Tharu
Chauve-souris géante ...
Chauve-souris géante ...
   
   

Le séjour s'achève...




 

La journée s'achève



 

 

Tout s'endort et...

 

 

 

Le rêve continue...

 
  Le soleil se couche
Le soleil se couche
Le parc s'endort
Le parc s'endort
La lune se lève
La lune se lève
 

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