Le camp de base du Churen Himal
15 janvier -28 janvier 2008

Accueil - Vie - Népal

Trek effectué en camping et sans agence avec Yomendo Ghale comme guide, 1 cuisinier et 3 porteurs de son village, Parchyang

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Où ça se trouve ?

Le Churen Himal est une belle montagne trifide de 7375 m d'altitude à la quasi extrémité ouest de la grande chaîne des Daulaghiris (1 à 6), bien visible depuis Poon Hill quand on fait le tour complet des Annapurnas. Tout ce massif ne s'étire pas seulement en longueur sur environ 50 km et approximativement entre les vallées de la Kali Gandaki et de la Seng khola mais aussi en largeur sur environ 20 km et grossièrement entre les vallées de la Myagdi khola et de la Barbung khola. Le Churen Himal se situe alors en second plan derrière le Ghustang Peak. Le camp de base à 4200 m n'est donc accessible qu'en passant un col à 4600 m permettant de franchir une première barrière (voir la carte au 125.000 "Round Dhaulaghiri" de "Mandala trekking map")

Comment s'y rendre?

Depuis Pokhara, on rejoint Beni, en bus ou en taxi (3500 roupies), puis on remonte toute la vallée de la Myagdi khola jusqu'à Phala Gaon, puis la vallée de la Dhora Khola jusqu'à Lumsum, on passe alors le col de Deorali pour rejoindre la vallée de la Dhola khola et monter au col précité, en passant par le village de Gurja Gaon, pour redescendre au camp de base. Compter 8 jours à l'aller, 4 au retour, soit 14 jours KTM-KTM.

Préparation

Ce trek avait un but assez expérimental :

En effet, mon filleul Yomendo venait d'obtenir sa licence de guide de trek et son oncle qui a 9 ans de plus et a une licence de cuisinier allait commencer lui-même ce stage de guide. Ils envisageaient l'un et l'autre dans leurs futurs projets de créer une agence de trek (une de plus!).
Ils ont tous les 2 une bonne expérience, ayant parcouru le Népal de long en large pendant plusieurs années, mais il était intéressant de tester ce qu'ils étaient capables d'organiser (matériel, nourriture, permis,etc...), la question des porteurs étant, quant à elle, sans problème car ils en connaissent beaucoup dans leur village.

De ce côté-là, tout s'est bien passé et le trek s'est bien déroulé sans anicroche (si ce n'est la météo, pas vraiment mauvaise mais "qui peut faire mieux")

D'autre part, je voulais expérimenter la cuisine au gaz, 2 fois plus chère et plus encombrante mais 4 fois moins lourde et beaucoup plus pratique que celle au kérosène. Cette expérience a été moins concluante car cela convient très bien pour la cuisine des clients mais pas du tout pour celle des porteurs qui marchent au dal-bhat, ce qui consomme énormément d'énergie.

Enfin, on partait un peu à l'aventure car on n'avait pratiquement aucun renseignement, ce trek étant inconnu de la presque totalité des agences.
On a donc improvisé et on s'en est fort bien sorti à travers une région où se trouve de nombreux villages et où nous avons été très bien accueillis.

Le trek

Départ ce 15 janvier au matin de Kathmandu vers Pokhara par Green Line avec Yomendo (960 rps par personne).
C'est la compagnie la plus chère mais la plus confortable.
Arrêt pour déjeuner (compris dans le billet) au magnifique Green park avec piscine d'eau chaude (par une source) au bord de la rivière où se trouve même une plage.

Le même jour, pour éviter le transport du matériel entre Pokhara et Béni, les 3 porteurs et le cuisinier sont partis directement par le bus local de Kathmandu à Beni.Nous les y retrouverons le lendemain pour le déjeuner.

Nous sommes donc partis de Pokhara en taxi vers Beni, lequel nous a plaqué à Baglung au terminus de la route goudronnée sous prétexte que sa vieille guimbarde de bagnole ne pouvait pas résister à l'heure de roulage sur piste qui nous restait à parcourir. Force est donc de continuer par le bus local.

Le restaurant
le restaurant
Entre KTM et Pokhara
entre KTM et Pokhara
Piscine en eau chaude
     
avec piscine en eau chaude
 
                           
Entre Beni et Darbang

De Beni à Darbang, il faut 2 jours de marche dans un paysage de gorges (assez large) le long de la rivière Myagdi khola.

Tout au long se succèdent bon nombre de villages

    Entre Beni et Darbang  
Village du 1er camp    
Au 1er camp
   
  Champ de moutarde  

C'est une vallée de cultures dont le parcours pourrait être intéressant bien qu'un peu monotone, malheureusement (pas pour les habitants !) il y a maintenant non plus un chemin mais une piste fréquentée par les camions et les bus et de ce fait particulièrement poussièreuse.

  Village vers Babinachaur  
 
Champ de moutarde
Village près de Tatopani
 
En attendant le déjeuner  

Notre 1er camp sera sur une terrasse un peu avant Tatopani, où se trouve une source d'eau chaude permettant aux habitants de laver leur linge.

Le 2e sera sur le terre-plein de sports (foot, volley....) de Darbang, très gros bourg et terminus de la route (et contrôle des permis).

  Juste avant Darbang

En attendant le déjeuner

 

Méandre après Tatopani

                           
Pause à Takam

Après Darbang, 3/4 h de marche le long de la Myagdi khola, puis une grande montée raide de 500m pour déboucher sur le haut plateau de Dharapani.

    Maison de Takam  
Pause avant Darbang
   
Maison de Dharapani
   
  Maison de Takam  

Toute cette journée se passera alors à flanc de coteau dominant la gorge de la riviére et en passant par d'importants villages de maisons bicolores, entourés de cultures en terrasse et chacun dans une sorte de grand amphithéâtre ce qui fait monter et redescendre les crêtes qui les séparent

 

  Maison de Takam  
 
Maison de Dharapani
Maison de Dharapani
 
Takam  

 

Nous passons ainsi par Takam, d'où l'on a une très belle vue sur le Daulaghiri 1, et Sibang pour arriver à Phala Gaon, carrefour important où notre chemin qui continue vers l'ouest quitte celui du tour du Daulaghiri qui part vers le nord-est.

  Depuis Phala Gaon

Takam

 

Depuis Phala Gaon :
Daulaghiri 4 ou 6 ?

               
A Phala gaon, en face : Dhar   Vallée de la Dhara Khola   Cultures
A Phala Gaon, en face :Dhar
 
La vallée de la Dhora khola
 
Cultures en terrasses
   

A Phala Gaon, nous établirons notre 3e camp...sous l'orage et une température plutôt fraîche, mais le lendemain matin le ciel est tout bleu et les tentes mouillées. Nous bifurquons vers l'ouest . Au loin se profilent les montagnes de la "Royal Dhorpatan Reserve", parc national animalier d'une quarantaine de kms. Nous remonterons cette vallée jusqu'à Lumsum, village assez extravaguant à 2400m qui se déroule sur une pente plutôt raide et sur au moins 200 m de dénivelée. Bon voyage Monsieur Dumollet....

En haut du village, sur une terrasse, nous passerons notre 4e nuit.

   
  Un yeti ?   Installation du camp de Lumsum  
 
Un yeti ?
 
Installation du camp de Lumsum
 
Depuis le col de Deorali

Daulaghiri VI (?)

C'est alors qu'il nous faudra changer de vallée pour rejoindre cette vallée perdue et isolée de la Dhola khola (ne pas confondre avec la Dhora précédente), en passant le col de Déorali à 3280 m. On commence à avoir les mollets bien affutés.
La montée se fait en face sud avec quelques passages enneigés mais la descente de l'autre côté en face nord : 1000 m dans une neige tolée et verglacée. On se croirait aux sports d'hiver, d'ailleurs on y est !
Du col, superbe vue sur le Daulaghiri VI (?).

Après avoir passé le pont à 2200 m, on remonte 400 m pour arriver en fin de journée à Gurja Gaon à 2600 m , important village couronné par le Gurja Himal doré par le soleil couchant. Fait pas chaud du tout et comme la journée a été dure on se fait un bon feu de bois avant notre 5e nuit.

A  Gurja Gaon : le Gurja Himal

Le Gurja Himal

 
Devant le   DSC00164.JPG   L'équipe
Devant le "Ghustang" et le Gurja"
 
Yomendo et le cuistot
 
L'équipe
 

Maintenant ça devient sérieux. Nous voilà au pied de la montée dans la grande montagne sauvage.
Pour ce 6e jour, ce ne sera qu'une petite étape entre Gurja Gaon et une kharka (alpage)à 3200 m car après il n'y a plus ni eau ni emplacement de camping sauf au sommet à 4000 m de la montagne "Budzunga Bara" qui nous domine mais cela ferait une étape trop longue.

Le site est fabuleux : devant nous, tout près, se dressent 2 magnifiques sommets : le Ghustang pic et le Gurja Himal.

Ce sera donc une journée de repos mais un peu angoissante car le temps se gâte.

 

 
Sieste

Sieste

7e jour: : le temps est couvert mais nous partons quand même à l'assaut de la montagne par un petit sentier pas toujours évident avec quelques passages très raides et un vide qui se creuse mais on est en face sud et il n'y a pas de neige.

Nous finissons par arriver presque au sommet dans les névés et comme il y a un vague replat on installe notre 7e camp à 4000 m.

Le vent souffle de plus en plus fort et secoue durement la tente mais tout résiste.

Avec tout ce charivari, pas facile de dormir.

Au camp à 4000m

Arrivée au camp du 7e jour

 

Au petit matin, on glisse un oeil dehors et, surprise, tout est blanc de neige. Je ne sais pas quelle est la température car je suis transi et n'ai pas le courage de chercher le thermomètre.

Pour continuer vers notre objectif, le camp de base du Churen Himal, il nous faudrait passer le col qui est devant nous à 4600m mais la pente est raide, le sentier (?) en corniche et avec la neige fraîche c'est beaucoup trop dangereux pour les porteurs.
De plus avec le vent et le froid on n'est pas très chauds pour persévérer.

Dommage car finalement nous n'aurons même pas vu notre Churen Himal que je n'apercevrai que de l'avion lors du retour en France, mais cela faisait partie de la règle du jeu établie au départ.

Yomendo et moi enfilons nos grosses chaussures de montagne que nous avions heureusement emportées et donnons nos chaussures de trek aux porteurs, les leurs étant top succintes pour une descente dans la neige.
Nous entamons alors cette descente un peu périlleuse au début mais tout se passe bien et nous retrouvons notre kharka d'hier pour déjeuner au soleil, puis notre camp précédent à Gurja Gaon pour notre 8e jour.

 
Descente vers Gurja   Fillette de Gurja Gaon   Enfants de Gurja Gaon
Descente vers Gurja Gaon
 
Fillette de Gurja Gaon
 
Enfants de Gurja Gaon
Au petit matin à Gurja  

Le 9e jour, c'est la grosse journée.

Dscendre les 200 m de Gurja Gaon, ce n'est rien mais il nous faut remonter les 1000 m de neige verglacée de Deorali suivis des 1100 m de descente pour arriver en bas de Lumsum où nous passerons notre 9e nuit dans un lodge d'une rusticité dont les "étoiles" se perdent dans la voûte céleste.

  Descente dans la vallée
Lever de soleil
et coucher de lune à Gurja Gaon
   
Descente dans la vallée
 
Aux environs de Takam   Aux environs de Dharapani   Aux environs de Dharapani
Près de Phala Gaon
 
Près de Phala Gaon
 
Près de Phala Gaon
   

De Lumsum à Darbang, nous ferons cette grande étape d'un seul coup, par le même chemin qu'à l'aller.

Déjeuner aux environs de Sibang qui nous vaut un bon nombre de spectateurs pour lesquels nous sommes une rare attraction

   
Après le déjeuner   Les curieux   Pas l'air de faire chaud !
Après le déjeuner
 
Les curieux
 
Pas l'air de faire chaud !
      Faune locale      
     
Faune locale
     

Après avoir passé notre 10e nuit sur le terrain de sport de Darbang, nous reprenons le bus de Darbang à Beni
(3 h de panier à salade sur la piste), déjeuner à Beni puis 5h de bus local qui nous ramènera à Pokhara, de nuit, car il est 18h et l 'électricité n'arrivera qu'à 21h 30.
La quête d'un hôtel à Lakeside se fera un peu à tâtons...

Retour à Kathmandu le lendemain, dans notre appartement de Lazimpat, par Green Line, soit 13 jours de KTM à KTM.

 
Dans la chambre à Lazimpat
Dans la chambre à Lazimpat
   
 

Dans l'ensemble, un trek sympa qui s'est bien déroulé avec une bonne équipe dans une région peu connue mais avec une météo pas tout à fait optimale, qui nous a fait manquer la dernière étape.

Côté santé : Peu de problèmes, ma pharmacie servant en général surtout aux porteurs (ampoules, ou autres), il m'a fallu, cette fois-ci, jouer les dentistes pour soigner un des porteurs qui avait mal aux dents. malheureusement mon opinel s'est révélé peu adapté et ce n'était pas la saison des fraises. Il a donc dû se contenter de Dafalgan...

 
ca fait peur !
Le Dal-bhat,
ça donne de la force !
 

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