Hélambu 23 octobre - 7 novembre 2005

De Chautara à Gyalthum par Panch Pockari

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Agence : Trinetra

Voir LE FILM (au format iTunes : 320x240 pix)

Les étapes

Trek sous tente ...ou dans des bergeries : Syaule,Chyochyo Danda,Hile Bhanjyang, Nasimpati, Panch Pockari, Karkha,Plengthang,Tayagaon,Tarkeghyang, Thimbu...


Les rubriques

Katmandu, Chautara, Danda, Hile Bandjyang, Panch Pokhari, Tarkeghyang, Yomendo,

L'Equipe

L'agence népalaise

Trinetra

Le programme

Remonter tout l'Hélambu du sud au nord jusqu'au Tilman's Pass,
col à 5500m qui rejoint l'arrière Langtang entre le Gangchenpo(6387m) et l'Urkinmang(6150m)
établir un camp de base pour plusieurs jours et explorer les possibilités d'ascension de l'une de ces 2 montagnes;
au passage nous ferons une étape aux lacs sacrés de Panch Pockari (en Népali, 5 lacs),
puis retour par l'Hélambu central (Tarkeghyang), le tout en 3 semaines. (23 octobre-13 novembre 2005).

Cela, c'est pour la théorie ! En fait, ce fut le trek des surprises et aventures : programme différent de celui prévu, guide ne connaissant pas la région, équipe sympa mais inadaptée, saison "dite séche" avec pluie et brouillard, errements dans la jungle,...et découverte de Yomendo. Une véritable épopée. De quoi faire un film...qui est fait !

L'Hélambu

Situé à environ 70 km à l'est de Katmandu, l'Hélambu est encadré au nord et à l'ouest par le Langtang et à l'est par le Rolwalling (Gaurisankar à l'extrême droite de la carte)

C'est une région qui ne comporte pas de hauts sommets et n'est habitée dans de nombreux petits villages agricoles que dans sa partie sud et médiane où l'on trouve des cultures en terrasse de millet ainsi que des rizières.
La partie nord est quasi déserte et comporte de nombreuses forêts aux essences variées (rhododendrons, séquoias,etc...).

L'Hélambu, quoique proche de Katmandu, est paradoxalement une des régions les plus défavorisées du Népal. Région essnetiellement montagneuse, l'électricité commence tout juste à y pénétrer, les routes (ou plus exactement les pistes acrobatiques) ne peuvent desservir que les premiers villages, les autres étant à plusieurs jours de marche.

Le tracé du trek en rouge est très approximatif.

Le trek
Le trek

Katmandu

Ce 21 octobre 2005, arrivée à Katmandu au petit matin.
Je vais à l'agence Trinetra pour mettre bien au point mon programme.
Sunar et Iman, les frères-patrons, occupés, me disent de revenir le lendemain, notamment pour mettre au point la nourriture à emporter, notre départ en trek étant prévue pour le 23.

Le lendemain, ils ne sont pas là mais Harka, l'administratif, me dit que tout est bien organisé, que pour aller au Tilman's Pass : pas de problème, mais que pour faire des ascensions de montagnes il faudra se montrer prudent car on ne peut pas avoir de permis et l'assurance ne couvre que jusqu'à 5500m. OK, bien compris.

 

De Katmandu à Chautara

D'abord 5 heures de bus sur une bonne route goudronnée. C'est celle qui va de Katmandu au Tibet et la seule qui permette de passer du Népal à la Chine Tibétaine.On passe par Dulikhel, sur une hauteur, avec une vue magnifique sur tout le Langtang, depuis le Ganesh Himal jusqu'au Gaurisankar, un peu gachée quand même par les nuages.

Ensuite c'est la piste et comme il fait mauvais temps depuis quelques jours, elle est glissante et embourbée. Un des passages a bien demandé une bonne demi-heure pour les 7 ou 8 tentatives de notre bus qui s'enlisait.

Chautara niché dans la montagne est une petite sous-préfecture animée et le terminus de la piste (en-bas à droite sur la carte).

Tri du matériel, répartition entre les porteurs. Je fais connaissance avec mon équipe qui était disséminée dans le bus et que je n'avais pas encore pu voir.

 

Chautara-Kamikharka Danda
Chautara-Kamikharka Danda Depuis Dulikhel
Depuis Dulikhel
23 octobre

Surprise, étonnement, il y a un guide et 8 porteurs, dont 2 cuisiniers, ce qui me semble excessif pour le trek en altitude composant mon programme d'autant que je vois un matériel et notamment des tentes canadiennes lourdes tout à fait inadaptées et impossibles à utiliser sur de la neige et mes porteurs équipés pour la vallée mais pas pour la montagne. Je commence à comprendre que l'agence Trinetra m'a fait le même coup que l'année dernière avec le Chulu et que, bien que s'étant mise d'accord avec moi sur mon programme, elle en a organisé un autre à sa façon...Il est trop tard pour remettre les pendules à l'heure et il n'y a plus qu'à continuer et à essayer de rebâtir un programme adapté à cette équipe. On essaiera au moins d'aller à Panch Pockari (les 5 lacs sacrés).

Déjeuner et ...en route !

De Chautara à Kamikharkha Danda

Voir sur la carte précédente, Chautara à droite, Syaule au-dessus et Kamikharka en-haut
23 octobre - De Chautara le sentier commence à grimper. Au bout d'une demi-heure, Akal veut faire la pause "thé" et appelle le cuisinier...qui continue. Je suis quelque peu étonné par l'attitude de ce guide : est-il déjà fatigué ou veut-il économiser les forces de son vieux client ? Qui plus est, il ne semble pas connaître la région !

1er camp : c'est l'évènement pour les enfants du village qui ne nous lâchent plus pour avoir des ballons.

24 octobre - Syaule : dernier village. Après on ne trouvera plus que quelques alpages épars. Dans l'unique rue, quelque chose d'étrange : j'aperçois une armoire qui marche toute seule ...en regardant mieux, je vois quand même 2 pieds en-dessous.

On arrive pour déjeuner à Samo Okhreni, 3 maisons, enfants, ballons. Je sors la pharmacie, un porteur a une belle ampoule, un autre s'est ouvert la jambe. Merci docteur !...

On continue et j'arrive suivi du guide puis des cuisiniers aux "3 shortens "de Phusre. Au bout d'1 heure, las d'attendre les porteurs qui font la sieste, on continue puis, de loin, on les voit prendre un autre chemin qui est un raccourci mais bien plus raide. Je sors ma carte et l'altimètre et nous continuons notre chemin malgré les réticences d'Akal, pas habitué à lire une carte au 40.000e. Finalement, à la tombée de la nuit, on retrouve notre équipe, fatiguée, dans un alpage.

 

Départ de Chautara
Départ de Chautara
23 octobre
Les enfants au 1er camp
Les enfants au 1er camp
Juste avant Syaule
Syaule
Syaule
Village de l'Hélambu
Village de l'Hélambu
Sano Okhreni
Sano Okhreni
pause déjeuner du 24 octobre
Les 3 chortens de Phusre
Les 3 chortens de Phusre
Carrefour des chemins vers le 2e camp

Les "Danda"

25 octobre - On arrive à la crête "Kamikharkha Danda" (Danda=crête en Népali).
(voir sur la carte précédente)
On arrivera ainsi de crêtes en crêtes (accidentées) jusqu'à Nasimpati (en haut à droite)
Panch Pokhari est en haut à droite avec un petit temple.

Le matin, il fait en général assez beau. Cela nous permet d'admirer au loin le Cho-Oyu.

Nous pénétrons alors dans une forêt étrange, peuplée de rhododendrons géants aux formes fantomatiques et inquiétantes. Pas un bruit, pas un souffle de vent, pas un oiseau, pas un animal, un silence oppressant. On ne sait pas si on est dans le "Seigneur des Anneaux" ou un décor pour opéra de Wagner. Arrive un carrefour. On prend, bien sûr, le mauvais chemin. Nous voilà perplexes ! On repart en arrière pour prendre l'autre, c'est le bon !

On passe de Kamikharkha à Chyochyo Danda (à droite en bas sur la carte), la forêt fait place à des passages rocheux mais faciles et on débouche sur un grand plateau avec un lac. De l'eau : on s'arrête pour planter notre 3e camp. Il fait froid, on est à 3440m. Grosse discussion avec Akal auquel je montre le programme prévu vers le Tilman's Pass. Il affirme que le patron de l'agence ne l'a envoyé et n'a organisé ce trek que pour aller à Panch Pokhari. Le ton monte, puis continue à monter...(comme les sentiers); au bout d'un moment, il finira par redescendre (comme les sentiers...)

26 octobre - Descente sur un col au pied d'une longue et dure montée : "Hutprang Danda".

Il n'est même pas 10h, il faut s'arrêter pour déjeuner parce qu'il y a un petit point d'eau. Le client pas content de ces perpétuelles lambinades, n'écoute pas et continue en attaquant la montée. Force est au reste de l'équipe de suivre.Vers midi on arrive à un bon replat avec un petit lac (propreté ???...) - Pause déjeuner puis continuation de la montée de plus en plus raide pour nous mener en plein nuages froids et éventés en haut de la montagne. brrr....

On pourrait croire qu'après toute cette montée, il ne reste plus qu'à aller à plat ...eh! bien non, on redescend tout sur l'autre versant de la montagne en ne sachant pas trop où l'on va car on est dans le brouillard. Du brouillard à la pluie, il n'y a qu'un pas et nous voilà sous la grêle à un carrefour. Qu'est-ce qu'on fait ????d'autant qu'il se fait tard et froid. Un chemin descend, un autre monte.

Le cuisinier part sur le chemin qui monte et revient au bout d'un moment. C'est le bon chemin, il a trouvé une bergerie.

Est-on arrivé à Hile Bhanjyang ou pas ?

Chyochyo Danda-Panch Pockari
Chyochyo Danda-Panch Pockari
Cho-Oyu
Cho-Oyu
depuis Kamikharka Danda-25 octobre
Rhododendron
Rhododendron
sur le chemin de Kamikharka Danda
Rhododendron
Rhododendron
près du 3e camp (25 octobre)
Fleur Népalaise
Fleur Népalaise
Dans la dure montée de Hutprang Danda
Gentianes
Gentianes

 

Hile Bhanjyang - Nasimpati - Panch Pokhari

Hile Bhanjyang
Hile Bhanjyang
Il pleut, on couche dans une bergerie- 4e nuit 26 octobre
A Nasimpati
A Nasimpati
5e soir - 27 octobre
Départ de Nasimpati
Départ de Nasimpati
Au petit matin

Dans notre bergerie en courant d'air et sous la pluie, il fait froid. Le tout est de trouver du bois sec pour faire du feu. Je m'aperçois qu'un de mes porteurs, qui est tout jeune, est blotti dans un coin vêtu d'un seul tee-shirt et de tongues, grelottant sous un anorak. Heureusement que j'avais emporté ma veste duvet. Avec ça plus un maillot en synthétique, le voilà ragaillardi. Du coup, une amitié s'installe entre lui et moi par langage gestuel car il n'a que quelques rudiments d'anglais. Il s'appelle Yomendo, joli prénom ! Attention, ne pas mettre la veste trop près du feu.

Dodo sur les planches ...aux senteurs de l'air pur des sommets ...

27 octobre - Ce matin, le temps froid est clair. Nous voilà repartis sur des crêtes en montagnes russes (pouquoi russes, d'ailleurs ?) et sur des sentiers verglacés et donc glissants.

Enfin à la mi-journée, on arrive à Nasimpati. Je pensais que c'était un village . En fait il y a juste 6 ou 7 bergeries abandonnées à cette époque et beaucoup de drapeaux car c'est le point de départ au pied d'une haute et longue montagne enneigée que les pèlerins de juin doivent longer et grimper pour accéder au temple de Panch Pokhari, objet de leur pèlerinage.

Coucher de soleil autour du feu (on est à 3500m).

28 octobre - départ pour Panch Pokhari au petit matin car il faut 4 heures pour se jucher là-haut.

Pourtant, il n'y a que 500m à monter mais le chemin est dur, dans cette pente raide, suite d'escaliers qui descendent presque autant qu'ils montent. L'équipe allant "bistari", je pars tout seul et arrive en 2h 1/2 (mais avec un sac d'un poids acceptable) aux 5 lacs dans une sorte de grand amphithéâtre enneigé et en cuvette. Ca ressemble un peu au paysage du "lac blanc" mais avec le Mont Blanc en moins car il n'y a aucune vue en face.

Les porteurs arrivent en tenant bien l'horaire prévu des 4h ...mais avec leur lourde, très lourde, charge.

Il était temps, le brouillard arrive, on n'y voit plus rien.

 

Panch Pochari au matin du 7e jour
Panch Pochari au matin du 7e jour
Après la 6e nuit dans une bergerie

Suit une discussion orageuse avec Akal quand je lui remémore que le but de mon programme n'est pas Panch Pokhari mais le Tilman's Pass et l'Urkinmang. Il m'objecte une nouvelle fois qu'il n'est venu avec l'équipe que pour ici, qu'on va coucher sur place et redescendre demain, les porteurs n'étant pas équipés pour cela (au moins ça c'est vrai). Ca tourne au vinaigre mais je ne peux rien y faire (dans ce brouillard orageux, la vinaigrette prend un goût quelque peu acide). Il finit alors par me dire que demain il viendra tout seul avec moi au Tilman's Pass (NDLR : il faut 2 à 3 jours de marche dans la neige pour arriver à ce col à 5500m d'altitude + un glacier à remonter + le retour...sans commentaire).

Question cruciale : pourquoi a-t-il fait monter les porteurs jusqu'ici avec tout le matériel(cuisine, grandes tentes canadiennes) alors que j'aurais pu faire tout seul l'aller et retour depuis Nasimpati dans la journée et que les sardines ne tenant évidemment pas dans la neige, il nous faut établir le camp...dans une vague bergerie grande ouverte. Si les porteurs avaient envie de monter jusqu'ici pour faire un pèlerinage, ils pouvaient faire comme moi, monter les mains dans les poches (ou presque) et redescendre (encore...sans commentaire).

Notre nuit tient plus du bivouac que d'une suite au Ritz. Autant dire qu'à cette altitude (4030m)et à cette période les nuits sont un peu fraîches. Au moins il n'y a pas de cucurrs (voir plus loin), la vie ayant déserté les lieux.On aurait pu aller s'abriter dans le temple mais cela n'aurait pas été autorisé et de toutes façons, en fait de temple, il n'y a qu'une toute petite construction abritant une toute petite statue, ce que l'on appelle chez nous, un oratoire et qui plus est, en piteux état.

Panch Pokhari - Tarkeghyang

29 octobre - Nous voilà maintenant sur le retour.

Descente accélérée tout seul sur Nasimpati. J'attends les porteurs. Déjeuner - puis refusant de refaire un camp au même endroit, j'entame délibérément la descente vers la vallée 2000m plus bas, entraînant tout le monde.

16h, on débouche sur une clairière où habite un fermier avec sa famille. On installe le camp sur un petit replat de bouses de Yak (il y a quand même un tapis de sol). La nuit, musique de "cucurr" : Réveille-toi, Ô cucurr qui dort !(en Népali cucurr=chien).

30 octobre - Ca devient assez drôle, on est perdu dans la jungle! De fausses pistes en fausses pistes, (Yomendo, le toujours facétieux, en profite pour jouer à cache-cache) on finit quand même par en sortir mais les dieux de la montagne n'ont pas fini de ricaner: Nous voici sur un rocher qui domine un torrent quelques centaines de mètres à pic en-dessous.

Le sentier s'arrête là ! Perplexité et doutes affreux !...

On est au Népal. Jamais de problème...

Effectivement, quelques pierres entre 2 blocs semblent indiquer des marches, le sentier est là sous nos pieds sous forme d'un escalier étroit descendant dans la falaise. Faut pas avoir le vertige ! Glissades fortement déconseillées! Comment font donc les porteurs qui, eux, descendent relaxes en chantant !

Après quelques passages de torrents on arrive dans des plantations de millet à Plengthang, charmant village en pleine pente. Grosse attraction pour tous les enfants avec grande distribution de ballons. Camp sur une terrasse.

 

Yomendo joue à cache-cache
Yomendo joue à cache-cache
Dans la grande descente - 30 octobre
Traversée de la vallée à Yangri
Traversée de la vallée à Yangri
Cultures de Millet - 31 octobre
Egrénage
Egrénage
On remonte tout de l'autre côté
On remonte tout de l'autre côté
1 novembre
2000m de remontée
2000m de remontée
Gompa à Dalegaon
Gompa à Dalegaon

31 octobre - En sautant de terrasses en terrasses on finit bien par perdre de l'altitude.

Enfin on arrive au fond de la vallée au bord du torrent...qui descend de Panch Pokhari. Il y a au bord une petite plage sympa

Il est midi, il fait chaud, déshabillage, toilette enfin, car on est passablement crasseux.Yomendo pique une tête dans le torrent ! faut être un peu barjo !

Devant nous, le pont de bois!!??!! Pas de rembarde, un seul fil de fer, des planches pourries et manquantes ! Encore Yomendo qui fait des siennes : il va s'installer en plein milieu du pont jambes pendantes pour jouer de la flûte, ça vous donne des frissons dans le dos.

On déjeune; les plus audacieux (ou téméraires) passent sur le pont, nous, nous continuons car il doit y avoir un autre pont plus loin pour arriver à Yangri.

De fait nous trouvons le pont mais au-dessus de Yangri (gros village) se dresse environ 3000m de montagnes à gravir pour passer un col et redescendre de l'autre côté sur Tarkeghyang.

En fait, cette montagne étant une suite de montagnes, il nous faudra 3 jours pour arriver au col ( ça aurait pu se faire en 2, mais..."bistari" ), en passant par divers villages, stupas, et gompas.

Au passage nous découvrons une étonnante façon de piler le grain : ça fonctionne à l'huile de jambe (voir photo).

L'arrivée au col se déroule dans une envoutante forêt-jungle peuplée d'arbres tordus et de séquoias d'une taille ...de séquoias !(Yomendo va nous y jouer les Batman en se planquant dans le tronc d'un de ces géants - voir le film).

Du col, petite escapade jusqu'en haut de la colline au-dessus pour voir un superbe paysage sur tout l'arrière Langtang

panorama sur le Langtang
panorama sur le Langtang
Depuis le petit sommet au-dessus de Takeghyang - 3 novembre

Tarkeghyang - Katmandu

Panch Pokari-Gyalthum
Panch Pokari-Gyalthum
Descente vers la vallée
Descente vers la vallée
Dans les cultures de Millet - 4 novembre
Dans l'immense descente
Dans l'immense descente
Vers Thimbu - 4 novembre

Il nous reste à redescendre près de 3000m depuis le col en passant par Tarkeghyang puis Thimbu pour arriver à Gyalthum pour y retrouver la route de Katmandu.
Gyalthum est tout en bas à gauche sur la carte, Panch Pokari, en haut, à doite et Tarkeghyang, à mi-hauter aux 3/4 gauche.

A Tarkeghyang, nous retrouvons la "civilisation", il y a de l'électricité ...et des trekkeurs qui arrivent du Langtang par le Gosaikund. C'est un gros bourg avec des petites rues en pente comme toujours et d'un intérêt assez limité. On y fera notre avant-dernier camp sur la prairie d'un lodge dans lequel j'aurais bien pris une chambre, mais refus d' Akal qui n'a pas les finances pour. Bon, tant pis. (la nuit, encore les cucurr...).

4 novembre - Descentes, toujours en caracolant dans les terrasses de millet.

Chemin faisant, on rencontre un grand arbre, bien connu des Népalais car porteur de petits fruits gros comme 2 olives qu'ils appellent citrons et qui sont très acides. Le jeu consiste à lancer dans cet arbre très haut n'importe quel projectile pour faire tomber les-dits citrons dont ils se régalent. Pas moi.

Toujours chemin faisant, dans cette interminable descente, quelques belles rencontres de stupas et autres chortens. On en profite pour faire la photo de famille. Il n'y a plus que 4 porteurs, 2 d'entre eux ayant "démissionnés" à Tarkeghyang.(Les autres excédés par Akal ont failli en faire autant et moi aussi car je décide de couper au plus court pour abrèger le trek).

L'équipe des 6 porteurs
L'équipe des 6 porteurs
4 novembre avant-dernier jour

Les cultures de millet font place à celles de riz. Dernier camp sur une terrasse de riz coupé. Ca ressemble à un tapis-brosse ou plutôt à une planche pour fakir mais avec un bon matelas on y ajoute un peu de confort. Distribution de mes derniers ballons. J'en aurais écoulé 150 ! et aussi une centaine de stylos.

5 novembre - Le clou de la fin est le meilleur : Nous arrivons au grand pont permettant d'atteindre Gyalthum où se trouve l'arrêt du bus. Arrivé au milieu du pont, je me retourne et vois mon équipe arrêtée et assise en train de parler avec quelqu'un du village. Akal me fait signe de revenir. Me serais-je trompé de chemin. Non, il me dit qu'ils sont avec un maoïste. Je flaire le piège car au Népal, tout ce que l'on achète est de la contrefaçon. Cela va même jusqu'à la contrefaçon de maoïstes, des malfaiteurs se faisant passer comme tels. Je me méfie aussid'Akal auquel j'avais dit précédemment que je serais en droit de demander un dédommagement du programme de 3 semaines que je n'ai pas pu faire. J'ai rencontré plusieurs fois des vrais maoïstes, ce sont des jeunes qui vous distribuent des tracts et vous demande quelques centaines de roupies moyennant un reçu. Ca se passe toujours sans problème. Ici rien de tel, d'ailleurs on est à 1/4 d'heure sur la route du bus et il n'y a pas la moindre police. Donc, je fais volte-face et repasse le pont pour arriver vers 10h au bus. Il y en a un à midi. J'attends mon équipe qui ne vient pas. Je savais aussi qu'Akal, pas pressé d'arriver, comptait ne prendre le bus que plus loin à Melamchipul Bazar. A midi, je monte donc dans le bus pour arriver au bout de 7h, le soir à Katmandu, tout seul.

Le lendemain, je passe à Trinetra. Sunar me dit que l'équipe a été arrêtée par les maoïstes, qu'ils ont téléphoné et arriveront dans l'après-midi, ce qui me semble un bizarre coup monté. Il ne comprend pas ce qui s'est passé et me donne rendez-vous à 14h. De fait, à 14h guide et porteurs sont là mais ni Sunar ni Iman. Explications orageuses entre Harka et Akal puis avec Iman au téléphone. Comme cela se passe en Népali, je n'y comprends rien et quitte l'agence avec mes porteurs (question pourboire) pour n'y plus jamais revenir et ne saurai jamais la vérité.

Yomendo Ghale

La mère et la sœur de Yomendo tenant sa fille
La mère et la sœur de Yomendo tenant sa fille
Au village de Lamatol
Les enfants du village de Les enfants du village de Lamatol
Les enfants du village de Lamatol
Yomendo
Yomendo

 

Les voies du Seigneur sont impénétrables.

Tout ce trek plein d'aventures et qui aurait pu ne me laisser qu'une amère déception aura été au contraire une grande joie grâce à ma découverte de Yomendo. J'exagère un petit peu pour le côté déception car bien que n'ayant pas atteint le but prévu, nous avons quand même fait un très beau trek dans une région peu fréquentée comme je les aime.

Après avoir eu pitié de ce malheureux adolescent de 17 ans que j'estime exploité par les agences en portant des charges illégales, puis l'avoir pris en amitié, je n'ai pas pu supporter le voir dans une telle misère, lui pourtant si gai et si rieur, et ai donc décidé de le prendre en charge pour qu'il apprenne l'Anglais (on verra plus tard pour le Français) en lui prenant une chambre à Katmandu. En dehors de la saison, il habite en effet tout seul avec sa mère (son père étant décédé de maladie quand il avait 5 ans) à Parjyang , petit village du Langtang à 4h de la route (Kalikasthan) et n'a pu avoir que peu d'instruction.

Je suis allé à Lamatol ( à 15 minutes de Kalikasthan- encore 7h de bus !) où habite son unique sœur et où se trouvait justement sa mère.

Revenu à Katmandu, parcours du combattant pour trouver correspondant, chambre, cours d'anglais, etc... et l'habiller correctement.

Du coup mon amitié s'est transformé en affection et me voilà "par l'opération du Saint-Esprit" avec un 6e enfant ! C'est un merveilleux conte de Noël. Il ne me reste plus qu'à apprendre le Népali.....ce qui n'est pas non plus une petite affaire !

Suite au prochain numéro... printemps 2006

A bientôt, Pheri Bethaulaa

et

Namaste

Les beaux cheveux de Yomendo
Les beaux cheveux de Yomendo
Yomendo fait le clown
Yomendo fait le clown

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