La vallée de l'Hinku
(vers le Mera Peak)
Avril 2007

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Agence : Ghale treks & expeditions

Voir LE FILM (17 min 31 s)

Le trek

Où est-ce ?

Située dans le district du Solu- Khumbu,environ 200 km à l'est de Kathmandu, la vallée de l'Hinku qui mène vers le Mera Peak est complètement perdue et isolée et ne comporte ( ou tout au moins ne comportait jusqu' à ces dernières années) aucun village.

La vogue du Mera Peak ayant apporté son lot de touristes (alpinistes), 2 petits villages de lodges et d'échoppes d'alimentation se sont développés à Khote et Thangnag, situés respectivement à 3580 m et 4358 m.

Pour accéder à cette vallée haut-perchée il faut : (cliquer ici pour se connecter sur le site de Paulo Grobel et voir la carte des accès au Mera Peak ainsi que la photo de la voie).

- ou bien y accéder par l'ouest en partant de Lukla (itinéraire 1) par Chutanga et passer directement sans acclimatation le col du Zatr Teng La à 4943 m (1b) ou celui du Zatrwa La à 4610 m.C'est la façon la plus classique adoptée par la quasi totalité des agences mais le manque d'acclimatation est dangereux et risque de provoquer des accidents de mal des montagnes..
On arrive ainsi à Khote en 3 jours par Chutanga et Tuli Kharka, ce qui demande une sérieuse forme physique !.

- ou bien y accéder par l'ouest en partant de Phaplu (itinéraire 7) et en passant par un col à 4400 m menant aux lacs sacrés de Panch Pohkari. C'est un itinéraire plus long mais qui présente l'avantage de faire découvrir les jolis villages du Solu par une sorte de cheminemnt en corniche dominant la vallée parallèle de l'Hunku. Par contre il faut traverser la Dudh Khosi par un grand pont après une grande descente de 2000m ...et remontée idem. On arrive alors à Khote en 6 jours (y compris un jour de repos) par Thalleri, Gauritar, Sotang; Chamaling Gompa, Cholem Kharka, le col précité, puis Khola Kharka en contrebas des lacs Panch Pokhari.C'est celui qui nous avons adopté.

_ une variante intermédiaire (itinéraire 5) permet depuis Lukla, de rejoindre l'étape de Cholem Kharka par Chutanga, Pangkongma et le Surkié La et ainsi atteindre Khote en 7 jours (y compris un jour de repos).

Remarque - il y a plusieurs appellations "Panch Pokhari" au Népal notamment les 5 lacs de l'Hélambu et aussi ceux se trouvant dans le Khumbu entre le Mingbo La et l'Amphu Labtsa sur le trajet du trek dit "des 3 cols".

Pourquoi aller au Mera Peak ?

On peut se demander quel est le mobile qui pousse des trekkeurs à aller se perdre dans cette vallée perdue et bien difficile d'accès.

On peut imaginer 3 raisons :

- De tous les "trekkings peaks", le Mera est le plus haut, soit aux enviros de 6500m, l'altitude étant fonction des cartes (de 6461 à plus de 6600 m).
- De tous les "trekkings peaks", le Mera est paradoxalement le plus facile : c'est une simple pente de neige pas raide sauf les derniers 100 mètres à 40° (mais un peu crevassée)
- La vue (même depuis le camp d'altitude à 5800m et donc même si on ne va pas au sommet)est exceptionnelle sur l'ensemble du Solu Khumbu depuis le Cho Oyu jusq'au Kangchenjunga en passant pas le Sagarmatha (Everest), le Lhotse, et le Makalu.

Malheureusement en ce qui concerne notre équipe, ceci fut du domaine de la théorie car les élémnts se sont dressés contre nous et notre trek n'a pas pu dépasser l'étape de Tangnag !

Le trek

23 avril - 1/2 heure d'avion nous mène à Phaplu après un magnifique ??? survol des montagnes depuis le Langtang jusqu'au Khumbu, ...théorique car ...entièrement dans les nuages.
A Phaplu, il pleut !

Nous sommes 9 : le guide Ghayagar Tamang dit "Thule", Yomendo Ghale comme assistant-guide, le cuisinier Tej Bahadur C., son aide Dilip Magar, les 4 porteurs Deepak Tamang, Hari B, Dawa Tamang, Nabin rai, et moi
Départ vers Salleri puis recherche de l'itinéraire vers Thalleri, on sort la carte et on cogite. Toute l'équipe est là; cuisinier et son assistant, les 4 porteurs et Yomendo mais plus de
guide. Heureusement le cuisinier qui est de la région connaît le chemin. On finit par arriver en soirée à Thalleri et on voit arriver le guide qui, étant de la région,était resté à Salleri à boire avec des copains.
Thalleri est un village à 2800m comportant un petit lodge et 2 ou 3 maisons.

-Départ à 7h et visite d'un vieux monastère situé au-dessus du village. On se perd un peu à la descenteà travers les buissons mais on récupère le chemin qui descend, descend, descend pour ariver à 920m à un très grand pont oscillant sur la Dudh Khosi ( en Népali : rivière de lait) qui est le confluent des 3 rivières qui arrosent tout le Khumbu.
2000 m de descente, merci pour les genoux.

On plante la tente dans la cour d'une des maisons de Gauritar, village situé légèrement au-dessus de la rivière.

- Le lendemain il s'agit de tout remonter et on arrive sans problème jusqu'à Sotang, important village.

Tout le chemin depuis Phaplu se déroule (malgré le passage de la Dudh Khosi) le long d'une sorte de corniche dominant la très large vallée de l'Hunku avec de jolis petits villages constitués généralement de chaumières. Je ne sais pas très bien si on est dans le Solu ou l'Hunku mais peu importe.

La cour de l'école est idéale pour notre 3e nuit.

- La montée est loin, très loin d'être terminée. Ca grimpe dur pour nous mener au monastère de Chamaling Gompa. Ce dernier est complètement entouré d'un mur de pierre" mani" ( mur de prières gravées ( O Mani padhme hum) sur des pierres blanches) ce qui constitue une enceinte à l'intérieur de laquelle se situe divers bâtiments dont le temple, au milieu des arbres. L'ensemble est calme et serein..
Juste à côté se trouve un lodge. Nous plantons la tente dans la prairie à proximité.pour la 4e nuit.Il commence à ne pas faire bien chaud à 2600m.surtout avec l'orage.

- La montée continue. On passe au village de Phokte où on rejoint l'itinéraire-varaiante qui vient de Lukla par le col Surkie La et on installe le camp de la 5e nuit, 1 heure au-dessus à Cholem Kharka constitué de 2 bergeries (en Népali : kharka=bergerie). Avec la pluie le froid se fait vif. On est maintenant à près de 3400m.

Panch Pokhari

- Il s'agit maintenant de passer le col à 4400 m qui va nous donner accès à cette vallée cachée de l'Hinku. Petit sentier tortueux et, par moments, un peu vertigineux et ...qui n'en finit pas de grimper.Là-haut, brrrrrrrr mais sous nos pieds, 100 ou 150 m plus bas, les lacs de Panch Pokhari gelés (il n'y a pas que nous qui sommes transis) dans la neige.

Je me lance dans une grande ramasse dans les névés sous les yeux quelque peu ahuris de mon équipe qui ne connaît pas ce genre de glissade et commence à descendre avec précautions, puis ils finissent tous par m'imiter en s'amusant comme des fous.
Mais il faut retrouver son sérieux en abordant le lac sacré et dont le bord est constellé d'une multitude de tridents offerts au dieu local. Il est aussi d'usage d'y ajouter un billet de 5 roupies ce que je trouve assez extravagant vu le vent qui emporte bien les prières mais la monnaie avec.

Le lieu de camp se trouve à Khola Kharka dans un grand cirque austère et froid à une 1/2 heure en contrebas.

- le 7e jour va nous mener par une grande descente à travers la jungle et les rhododendrons géants en fleurs, au petit village de lodges pour touristes, de Khote mais avant il faut commencer par traverser quelques petits couloirs enneigés plongeant dans le vide et qui nous obligent à sortir les piolets et tailler des marches

La tente sera installée à côté du lodge dans lequel nous sommes accueillis avec la gentillesse habituelle des gens de la montagne et où je fais, bien malgré moi,...la conquête de "Doma", la fille de l'aubergiste (15 ans) adorable et qui est aux petits soins avec moi et tient absolument à faire des massages au "baje". Elle est tout heureuse de se découvrir un grand-père !
Pour ne pas changer depuis le début du trek, le temps est toujours aussi orageux et pluvieux.

Quand il y a une éclaircie, les 3 sommets du Mera sont là au-dessus de nous, superbes, grandioses,...très hauts ! plutôt provocants et bordés à droite par le non moins magnifique Naulek.

Il va falloir monter là-haut...mais par derrière.

- 8e jour : repos à Khote

-9e jour. Il faut monter à Thangnag. cela pourrait être une promenade de santé car la pente est douce et insensible mais les flancs de cette vallée étroite sont très raides et les wagons dévalent. le chemin (ou ce qui pourrait l'être). Ce n'est qu'un gigantesque chaos de pierres, boules, blocs, rochers et autres minéraux de toute tailles et ceci pendant 3 à 4 heures.C'est peut-être aussi la conséquence de l'effondrement de 1998 (voir plus loin).
La galère, quoi !
Heureusement le paysage est grandiose. On passe au pied du Kusum Kangguru mais surtout au pied d'une extraordinaire montagne, c'est "la montagne" :le Kyashar 6770 m (en Népali, le Charpate) immense pyramide encore vierge, copie du Cervin ou double du Macchapucchre. vraiment impressionnante, sidérante et fabuleuse.

Thangnag est un peit village du même style que Khote et fait pour les touristes (mais avec "Doma" en moins !).

Le paysage est plutôt austère. On se trouve au fond de la vallée. Jusqu'en 1998, il y avait au-dessus un grand lac, le Sabai Tsho et puis un gigantesque sérac est tombé dedans provoquant un vérirable tsunami qui a fait voler en éclat le verrou glaciaire de retenue. C'est tout un pan de montagne qui s'est effondré faisant dévaler un chaos de roches. instbles.

Maintenant il n'y a plus de lac mais un grand morceau de montagne en moins formant une sorte de gueule béante monstrueuse.

Les problèmes commencent : Le soir, Yomendo est gelé et en même temps se plaint d'avoir très chaud. Paradoxe ! En fait il a une bonne fièvre. Il se plaint aussi d'une urine très jaune puis plus tard d' une forte douleur abdominale. Je suis inquiet. Plus question de continuer. On verra demain. A tout hasard je lui donne de l'Augmentin. Le lendemain, yeux et ongles jaunes. Pas de doute, il fait sûrement une hépatite, mais A, B, ou C ? Je décide de redescendre mais Yomendo ne veut pas, il propose de nous attendre.

Je fais le compte, il nous reste 7 jours pour aller à Lukla. Il manque 2 jours et d'autre part pas question de le laisser tout seul à Thangnag. Seule solution: descendre.

Yomendo s'obstine et me dit que si je redescends, lui, montera au sommet ! Les Bretons ont la réputation d'avoir la tête dure mais un Népalais de 18 ans ce n'est pas mal non plus !

Il est donc décidé de couper l'équipe en 2 : je redescends vers Khote avec 4 d'entre nous tandis que le guide, Yomendo et 2 porteurs partent vers le Méra. Apparemment, c'est de la folie mais je me fais une raison car je suis certain qu'ils n'iront pas loin. C'est impossible.

Les 3 heures de descente sont une nouvelle galère mais les nouveaux massages de Doma toute contente de me taper dessus font que ceci compense cela.

Il se passe une bonne heure et on voit arriver, un peu honteux, la petite équipe de nos candidats au sommet : Yomendo a été pris de vomissemnts ce qui a mis un terme à leur prétention sommitale

Yomendo qui met les vomissements sur le compte de l'Augmentin décide d'arrêter le traitement malgré mes protestations.. ah! ces Népalais !

Il pleut toujours.

Le lendemain, journée de repos à Khote. On est pris au piège. S'il y a bien un endroit où il ne faut surtout pas tomber malade, c'est là. Il n'y a pas de téléphone, d'ailleurs un mobile ne passerait pas, donc pas question d'appeler un hélico et il faut pour arriver à Lukla au moins 3 jours en passant le terrible Zatrwa La à 4400m.

Ke garne ? (en Népali, que faire?)

Le retour

Yomendo semblant à peu près valide, nous partons au petit matin vers Tuli Kharka, petit ensemble de lodges à 4300 m. Il fait beau. Ca grimpe dur vers un premier col. .

Tiens ! je sens une goutte, puis une autre, au-dessus, ça fait boum, boum et brusquement c'est le brouillard puis la grêle pour arriver au col. Il s'agit de rester groupés pour ne pas se perdre et Yomendo commence à se traîner mais il ne veut pas que je prenne son sac. Ah! ces Népalais !
Un autre petit col et on arrive en vue de Tuli Kharka. La pluie s'est arrétée mais Yomendo aussi. Il n'en peut plus. Heureusement un porteur nous aperçoit et rebrousse chemin pour prendre son sac.On finit par arriver. Vivement un "dudh chyia" (thé au lait).

Le sol est tout mouillé mais la tente est sèche.

Le lendemain Yomendo semble être en forme, tant mieux car il reste à passer les 2 cols succesifs du Zatrwa La.

1er col, ça se passe bien, j'arrive le premier avec Dilip, les autres se sont arrétés dans une petite bergerie. Comme il fait froid, nous continuons tous les 2 vers le 2e col.

C'est alors qu'il nous faut traverser plusieurs petits couloirs en neige dure et presque sans trace les quelques traces étant verglacées. Les couloirs plongent dans un vide sans fin.
Il faudrait un piolet mais il est dans un des sacs des porteurs. La moindre glissade et on part vers l'au-delà.On se pose des questions mais il n'y a pas de réponse.Ou ça passe ou on trépasse. pas d'alternative.

Ca passe ! mais on a eu très chaud et il fait très froid.

Au 2e col on se regroupe. Devant nous, c'est tout enneigé mais la pente est acceptable sauf le début assez raide. Le guide déroule sa corde de 50m et on l'emprunte pour faire le départ. Suit une pertite traversée en bonne neige et avec trace, et enfin c'est le régal : une grande descente en neige molle prétexte à une super ramasse qui nous amène à une petite bergerie où on "casse la croûte" (celle du déjeuner).

2 ou 3 porteurs ayant pris goût à la ramasse remontent la pente pour se payer de nouvelles glissades. C'est l'euphorie.

Chutanga où nous passerons la dernière nuit avant Lukla est 300m plus bas mais ce qui semble un chemin n'est qu'un amoncellement de cailloux en grosses boules. C'est épuisant mais les rhodendrons et autres fleurs nous rapprochent de la civilisation.

La tente est installée sur un plateau boueux. Il pleut toujours et la tente fuit. Les petits ruisseaux formant les grandes rivières, l'inquiétude prend place en lieu et place de la quiétude mais fort judicieusement la pluie s'arrête et nous pouvons dormir.

Arrivée à Lukla. Il y a là un bel hopital tout neuf construit il y a un an par la fondation Nicol Niquille, première guide suisse. Le médecin est de Neuchâtel.Yomendo a bien une hépatite mais le test révèle que ce n'est pas une B. Il n'y a pas de médicament spécifique mais il lui donne un sirop stabilisateur du foie et ordonne 3 semaines de repos.
Yomendo prend la bouteille dans un emballage en carton mal fermé et paf ! la bouteille en éclats sur le carrelage ! -> 2e bouteille.

Nous nous trouvons maintenant à Lukla dans un superbe hôtel avec internet (très cher), douche chaude (enfin!) dans la chambre "Mera Peak" (on y sera quand même arrivé) et avec 3 jours d'avance ce qui prouve qu'avec ces 3 jours il était bien impossible d'aller au sommet depuis Thangnag.

Nous changeons nos billets et reprenons l'avion pour avoir le même magnifique panorama sur l'himalaya qu'à l'aller c'est-à-dire complètement dans les nuages.

Kathmandu

8 mai- Nous voici revenus dans notre 2 pièces à Patan. Pendant ce temps qu'est devenue Françoise ? Je me rends au Café de Patan où elle avait pris une chambre mais on me dit qu'elle est parti, mais où ? mystère !

Heureusemant, grâce à internet, un message de Gwenaëlle m'apprend que sa chambre donne sur Durbar Square. Il y a effectivement là, l'hôtel "third world". Je m'y rends et trouve ma sœur en pleine forme ravie de son séjour et se faisant dorloter par Niranjan et sa sœur masseuse.

Passant à l'agence Ghale Treks qui a organisé notre trek, le patron Ram Ghale m 'annonce qu'il connait près de chez lui à Lazimpat, quartier résidentiel des ambassades un appartement louable dans un très joli petit immeuble de 2 étages en finition de construction. Après visite, je fais affaire avec le propriétaire et loue pour 6 mois un appartement d'environ 40m2 au rez-de-chaussée avec une entrée, une belle pièce de 16 m2 à 4 fenêtres, une plus petite de 9m2, une grande cuisine de 9m2 et une salle d'eau (chaude)/toilette.(toutes dimensions approximatives).

Yomendo, toujours malade et qui n'a pas pris le sirop du docteur de Lukla , ah! ces népalais ! et n'a pas pu avoir son visa pour la France, part passer 3 jours dans son village (pour se faire soigner ??) et emporte mon camescope pour montrer photos et film du trek.à sa mère puis téléphone 2 jours plus tard pour dire qu'il doit prendre 3 semaines de repos et ne revient donc pas avan tce délai à Lazimpat.

Moralité, je ne pourrai récupérer mon camescope et son contenu qu'à mon prochain voyage et ne pourrai mettre les photos sur le site qu'en décembre.

Donc, rendez-vous à plus tard pour agrémenter ce passionnant récit avec quelques belles photos.

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