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Mes enfants (et frères et soeurs) ayant eu l'idée plutôt inattendue de m'offrir pour mes 75 ans un trek au Népal, je me suis donc embarqué ce lundi 17 novembre 2003 en direction de ce pays mythique pour y vivre une aventure assez fabuleuse dont je vous donne ci-dessous un bref aperçu.
Le voyage par Gulf Air prévoit une escale à Abu Dhabi. Passer de cet émirat arabe, un des pays les plus riches du monde, au Népal qui doit être, je crois, le 2e pays le plus pauvre du monde après le Bangladesh, ça fait un choc ! mais tout y est tellement plus vrai et plus beau (champ de pétrole contre Himalaya) !!
On passe tout simplement du pays de l'argent à celui du coeur :
Les Népalais sont trés accueillants, très beaux avec leurs
cheveux d'un noir d'ébène, les Népalaises : un rêve
!
Tous sont souriants, calmes et semblent ignorer le temps qui passe.
Il n'y a au Népal, ni sécurité sociale, ni assurance chomage,
rien, rien.
Il y a beaucoup de mendiants mais, m'a-t-on dit, ce sont des Indiens immigrés
car les Népalais ont leur fierté et apparemment personne ne semble
se plaindre.
Leur problème est surtout un mélange d'ethnies : Bothia (Bista,
Tahuri, Gurung), Thakali, Kami-Damai, Magar, sans compter les Newar, Sherpas
et j'en passe...
Il est vrai que nous on a aussi les Bretons, les Basques, les Corses, les Franciliens
et j'en passe...
Ce pays est fascinant et donne envie d'y retourner.
Sa découverte et celle de ses habitants est une expérience des plus enrichissantes et c'est le mérite du trek de nous faire passer plusieurs jours dans les villages permettant ainsi un contact étroit avec la population locale.
Première impression : une population hétéroclite et colorée
qui grouille partout dans la poussière et la pollution.
Le centre est constitué d'un labyrinthe de rues
étroites souvent en terre et défoncées dans lesquelles
s'entrecroisent à qui réussira à passer, piétons,
vélos, motos, rickshaws (taxis-tricyles), taxis, voitures... On roule
en principe à gauche mais en réalité, où on peut,
à grand renfort de klaxons. C'est assez hallucinant ! Pire qu'à
Istambul, ce n'est pas peu dire.
Tout le long des rues, les rez-de-chaussée sont constitués d'échoppes
qui sont des boîtes à 3 côtés, le 4e étant
la rue. Tout se passe donc dans la rue, les marchands attendant le client qui
ne vient pas, assis tranquillement sur le bord de sa boutique ou debout dans
la rue appelant le client(?) qui passe, à grand renfort de "namaste",
les enfants jouant aux billes
De plus il y a des temples bouddhistes très
grands, grands, moyens,
petits et tout petits partout, les plus importants étant à "Durbar
square" (ancienne place du palais royal), où les gens s' arrêtent
pour se signer, faire sonner la cloche, toucher le dieu, car les Népalais
ont une foi et une ferveur qui pourrait donner une belle leçon à
certains par ici.
Tout ça, ça fait un bel imbroglio....
Il y a aussi dans le centre de la ville de grands parcs et même
un lac.
Hors de prix !! Jugez-en : un thé avec un gâteau : 8 roupies (il faut diviser par 10 pour avoir des francs) soit donc 0,80 francs (0,12 euros)!! Mon guide est payé, je crois, quelque chose comme 200 roupies par jour de trek. Il rêve de venir, un jour, travailler en France mais le coût du voyage transforme ce rêve... en rêve.
Parmi les façons de vivre nécessairement assez différentes de celles des occidentaux (on est en Asie), une des plus caractéristiques est le très grand respect de la personne et en particulier de la femme. On ne fait pas de démonstrations affectives en public. Les poignées de main se font avec les touristes occidentaux mais pas entre Népalais. On joint simplement les mains comme pour une prière en inclinant légèrement la tête et la plupart du temps en accompagnant d'un "namaste", lequel signifie aussi bien bonjour qu'au revoir. C'est simplement un salut, que l'on utilise à longueur de journée à l'égard de toute personne rencontrée sur le chemin. Les touristes en short sont tolérés mais on ne voit jamais un Népalais dans cette tenue (enfants exceptés bien sûr). A part des cas particuliers (piscine, par exemple) on ne se met pas torse nu. Il est vrai que l'on est en hiver. Les tenues sont peut-être différentes en été notamment dans le sud (Teraï) où il doit faire très chaud. Je n'ai jamais vu ni petite fille, ni femme en pantalon.
La religion est un mélange de bouddhisme tantrique thibétain et d'hindouisne, mais en tous cas les Népalais dans leur ensemble sont très pieux.et croyants (comme dit ci-dessus).
Très bonne, mais on finit par se fatiguer du Dal Bhaat et du Chicken
rice.
J'ai trouvé dans Thamel (quartier pour les touristes), une excellente
crêperie bretonne...Oui,oui. Ils appellent même "galette"
celles au sarrazin et "crêpes" celles au froment !
Comment ça peut marcher? Mystère : il n'y a pas d'adresse
pour la bonne raison qu'à part pour quelques rares rues, il n'y a pas
de noms de rue et encore moins de numéros de maisons. On ne connaît
que les noms de quartiers.
Il paraît que le courrier finit par arriver...un jour ! mais personne
ne semble pressé...
Très belles, très hautes, pointues,
quasiment himalayennes...A noter qu'en raison de la latitude (celle de l'Egypte),
la neige commenc à 5000m et les conifères à 3000m.
Beaucoup de montagnes sont encore vierges.
Comme dit ci-dessus, aussi beaux les uns que les autres à travers toutes les ethnies rencontrées et tous aussi souriants, mêmes cheveux noirs, mêmes yeux marrons, type mélange de thibétain et d'indien. Normal puisqu'ils sont "nés pas laids". Oui, bon d'accord, c'est un peu facile. Promis, je ne le referai plus.
Aussi belles les unes que les autres (surtout les jeunes ...). Un rêve !
Il y a beaucoup d'enfants et beaucoup d'écoles apparemment mixtes. Tous les enfants d'une même école portent le même uniforme.
A part cela, ils jouent, pleurent et sont espiègles comme chez nous.(Cela concerne également les bébés éléphants, adorables, que j'ai rencontrés à Chitwan !)
J'ai rencontré dans l'avion, en allant, un belge qui a fondé il y a un an, une association pour réinsérer dans le climat social les enfants des rues qui traînent la nuit et survivent en revendant les sacs plastiques qu'ils ont pu récolter. Avec le peu d'argent qu'ils ont ainsi pu récupérer, ils achètent de la colle à chaussure et se droguent avec, dès 5 ans. Personnellement je n'ai pas rencontré ce genre d'enfants perdus, mais la banlieue est immense (Kathmandu a 500000 habitants).Ce belge a adopté le pays et s'est marié avec une Népalaise.
A ce sujet et contrairement à l'idée reçue que se font de Kathmandu les Européens, on ne trouve pas de drogues au Népal (en tous cas moins qu'en France). Cela est rigoureusement interdit depuis l'avènement du roi actuel, il y a une quarantaine d'années. Sur ce point la police et les pouvoirs publics sont extrêmement sévères et beaucoup moins laxistes qu'en France.
Entièrement empierrés, genre moquette pour fakir, avec des
pentes parfois si raides que cela tient presque plus de l'échelle
que de l'escalier et comme ça monte et
ça descend et ça
remonte et ça redescend, on arrive à faire 2 fois la dénivelée,
mais plus c'est raide, plus c'est drôle ! un vrai régal...
Enormément de circulation (pédestre bien sûr).Quelques
randonneurs par ci, par là, certes, mais essentiellement une intense
circulation indigène : Beaucoup de porteurs avec des charges jusqu'à
90 kg (c'est fou, essayez donc) et le plus stupéfiant est qu'ils marchent
en tongues ! les enfants courent aussi à toute bringue sur les cailloux,
notamment pour se rendre à l'école à perpette, toujours
en tongues quand ce n'est pas pieds nus, genre chamois à 2 pattes.
(Je n'ai pas aperçu de kinés...). Les caravanes de mulets chargés
comme des mulets : interminables; les chèvres angoras : superbes; les
moutons redescendants des ...alpages (himalayages ???). ding, ding, ding.
Tout ça n'arrête pas et soulève beaucoup de poussière.
La période octobre-février est la saison sèche. Il ne
pleut donc pratiquement pas mais ce peut être nuageux. J'ai eu la chance
d'avoir un beau ciel bleu avec seulement des nuages en fin de journée.
Dans les basses vallées, il fait très chaud (on est à la
latitude de l'Egypte, répétition). On trouve donc
bananier, oranger, fleurs diverses,
etc...
Les conifères qui en France s'arrête à 1800m, commencent
ici à 3000m. La neige commence à 5000m(autre répétition).
Dans les hautes vallées, j'ai eu très froid (on est à 3000m
et en hiver).
A Ghorepani, au moment de partir pour Poon Hill à 5h du matin donc de
nuit, je me suis affalé sur une dalle verglacée.
Pas trop de bobo mais ça aurait pu.
La montée à Poon Hill se fait à la frontale.
Le lever de soleil sur Annapurna, Machhapucchare, Daulaghiri est fabuleux.
On est souvent dans les nuages le soir mais il ne faut pas craindre le lendemain
car mon guide m'a dit qu'il y avait 4 choses qu'il ne fallait pas croire : la
météo, l'alcool, l'argent et les femmes... sans commentaire !
(il a 26 ans et n'est pas marié)
Surabondance de vieux moteurs mal réglés tant pour les motos
que pour les bus ou les voitures.
Beaucoup de gens circulent avec un masque.
Le gouvernement essaye de mener une politique de protection de l'environnement et de lutter contre la pollution...mais la tache est immense et les finances réduites.
Superbe mais pas tout à fait le farniente sur la plage de la Baule ou de St Jean-de-Luz...
Au départ de Pokhara :130 km en 9 jours accompagné de Sanu Kanchha Magar, mon jeune guide de 26 ans parlant assez bien le français qu'il a appris à l'Alliance Française, et de Shambhu Tamang, porteur de 36 ans (à gauche sur l'image devant le lodge).Tous les 2, très sympas.
Les étapes se font dans des "lodges", sortes de petits hôtels
de village où l'on est accueilli avec chaleur (surtout si dehors il
fait froid)
Dans la montée vers Ghorepani, on traverse d'immenses forêts
de rhododendrons de 25 à 30 m de haut. Très impressionnant.
La floraison est au printemps, il parait que c'est sublime.
Dans la même montée: rencontre avec les maoistes. Il faut payer
1000 roupies, sinon on ne passe pas.
Au-dessus de Ghorepani,
on monte dès 5h du matin à Poon Hill (3200m), 400m au-dessus
du village pour attendre patiemment
puis voir un sublime lever de soleil, d'abord dans
la brume, puis illuminant le Daulaghiri et l'Annapurna.
J'étais en pleine forme et ai fait la montée en 3/4 d'heure
avec derrière moi des caravanes essoufflées. Bon test pour le
myocarde.
A Tatopani : souces d'eau chaude (déjà dit).
A partir de Kalopani, on entre dans le Mustang.
Les habitations prennent un style thibétain,
les habitants aussi...
et même
le soleil...
Le paysage devient aride
et de plus en plus beau.
Dans ces hautes vallées où l'on suit la Khali Gandaki, il faut éviter
de marcher l'après-midi car il y souffle un vent thermique très
violent, dans les 7 à 8 Beaufort. D'ailleurs la vallée s'appelle
la "Windy Valley" in English.
Puis, après Kagbeni, on entre dans le haut Mustang: partie du Thibet
rattachée politiquement au Népal et dirigée par un autre
roi.
On ne peut y aller qu'avec un permis spécial coûtant 700 dollars
!!
Après tout cela : Retour en avion vers Pokhara, direction Chitwan.
C'est maintenant que nous attend une terrible épreuve : Chitwan est un royal national parc situé dans le Teraï ( partie sud du Népal) à la frontière de l'Inde et célèbre pour ses tigres royaux, ours, éléphants et rhinocéros unicornes.
Au fait, qu'appelle-t-on exactement une route ???
Il s'agit plutôt d'une sorte de passage pour défilé quasi
ininterrompu de bus et de camions (on n'y voit pratiquement pas de voitures),
en corniche dans une gorge avec une belle rivière et dont les parois
très abruptes laissent échapper de partout des éboulements
de terre et rochers . Le paysage serait superbe si l'atmosphère était
plus limpide.
La "route" est donc en terre et non seulement complètement
défoncée par les wagons de marchandise qui dévalent de
la montagne mais même effondrée en de nombreux endroits laissant
apercevoir un vide ...du plus bel effet !!!
Le cortège de bus et camions soulève un nuage permanent de poussière
ce qui m'a valu des remerciements émus de la part de mes bagages installés
sur le toît.
Les trous béants de la route ne peuvent guère gêner le pilote
qui ne voit pas grand chose et se contente soit de suivre le camion qui est
devant lui, soit de le doubler s'il se présente un virage. Tant qu'à
faire que de rien voir, autant fermer les yeux des fois qu'on soit pris dans
une avalanche !
Ce petit jeu dure une bonne heure et demie et on remet ça au retour.
C'est nettement plus élaboré que la "foire du trône".
Le parc, proprement dit étant de l'autre côté de la rivière Rapti
au bord de laquelle on peut voir un superbe coucher de soleil,
je suis parti le lendemain, nanti de 2 guides (obligatoire)
pour 24 km dans la jungle.
Pas vu de tigre (il est très rare d'en voir) mais on en est passé
tout près car il y avait de nombreuses empreintes toutes fraîches
ainsi que d'autres traces d'ours et d'éléphants.
Par contre, en fin de journée, on a eu très peur d'un rhinocéros
entendu à quelques mètres (ça fait un bruit énorme)
et de 2 autres un peu plus loin. Sauve qui peut, planquez-vous, c'est très
dangereux car il peut charger et un boulet de canon de près de 2 tonnes
qui vous fonce dessus....
On a attendu et il est parti un peu plus loin et a traversé notre chemin.
Tout juste pu le filmer. Durée 1 ou 2 secondes.
A part cela, vus singes, paons, superbes coqs, cigognes ou marabouts et oiseaux
type "oisellus incognitus".
Au moins, dans le parc, on a le plaisir de la recherche mais il y a très
peu de chemin et en dehors d'eux, c'est une jungle inextricable avec des herbes
très hautes. Il est donc inutile d'y emmener des touristes qui ne verraient
rien.
Vu aussi un bon nombre de gavials (énormes crocodiles avec un très
très long museau, un vrai régal pour dentiste téméraire),
puis repos-coucher dans un petit hôtel au
bord de la rivière.
Après toutes ces émotions, retour à Katmandou où
profitant des 2 jours qui me restent, j'ai pu visiter les environs (Swayambunath
...et son grand escalier,
Pashupatinath,
Boudnath, Bhaktapur,
Chobar, son temple,
avec ses statues et ses
fresques)
Namaste, Namaste
Bernard Perrier