
Un des aspects, entre autres, du Népal est que le pays est si fascinant que sitôt revenu on ne songe plus qu’à y retourner !
Cette fois-ci, nous sommes partis à, quatre, mes 2 filles Gwenaëlle
et Florence et mon gendre Nicolas en direction du Langtang avec le guide Sanu
Kancha Magar que j'avais bien apprécié en novembre 2003 dans le
trek de Jomsom et avec la même agence "Tintin trekking".
J’ai trouvé Kathmandou tel que je l’avais découvert
en novembre dernier : les Népalais toujours aussi gentils et souriants
avec leurs 2 refrains : “Namaste” et “pas de problème”.
Tout ceci en apparence car la réalité est tout autre : "pas
de problèmes" pour les étrangers ( quoique...) mais de très
gros problèmes internes et sociaux :
La situation se dégrade de plus en plus. Le Népal est une poudrière
et son avenir problématique.
Je me garderai bien de porter un jugement téméraire sur le roi
n’ayant de toutes façons pas les données suffisantes mais
il semble qu’il se rende de plus en plus impopulaire en levant notamment
des impôts considérables. La misère est grandissante et
ceci conforte les maoïstes qui bien que proclamant une idéologie
dépassée (mais le Népal en est un peu au moyen-âge)
en profitent pour agiter le pays provoquant grèves et attentats.
Du coup la fréquentation touristique diminue considérablement, les hôtels, agences, commerces, restaurants,etc...se trouvent dans une situaton très critique, ne pouvant plus payer leur personnel, leurs impots, leur électricité... et le pays s'appauvrit encore plus, le tourisme étant une source importante de revenus.
On peut craindre que, si la population se laisse entrainer, le Népal ne finisse par subir le sort du Thibet ou celui du Cachemire.
Le Langtang, région quelque peu isolée et sauvage semble pour l’instant ignorer les troubles de la capitale. C’est une vallée assez étroite où coule le tumultueux torrent “Langtang Khola” issu des grands sommets constituant la frontière tibétaine.
Au début, on se trouve dans un traditionnel paysage de cultures en terrasse assez impressionnant car se déroulant sur des pentes très raides et des dénivelées énormes. Puis on traverse une véritable jungle où on peut voir des entelles, très jolis singes gris au visage noir entouré d'une fourrure blanche.
Plus on remonte vers la source, plus les villages deviennent Tibétains, ceux-ci aynt fui leur pays au moment de l’invasion chinoise. L’accueil y est particulièrement chaleureux, les Tibétains étant d’un naturel plutôt enjoué.
A vrai dire, plus on avance et, l’altitude croissant, plus les villages s’espacent et rétrécissent. A Kyiangjin Gompa, terme de notre trek, situé à 3850m d’altitude, il ne reste que quelques fermes d’élevage de yaks, une micro-fromagerie de lait de yak et un certain nombre de lodges (hôtels de campagnes) pour les touristes, ces derniers constituant une de leur principale source de revenus. On y fabrique aussi quelques bonnets et foulards toujours en laine de yak, celle de yak adulte est un peu rugueuse mais celle des jeunes yaks est très douce (et très chaude).
L’hiver toute la vallée du Langtang est désertée,
les habitants descendent vers les basses altitudes à Syabru (2130m) ou
Dhunche (1950m).
Aux mois d’avril et de mai, c’est l’époque de la floraison
des forêts de rhododrendrons géants qui atteignent facilement 15
m ou plus. Ils sont rouges, roses ou blancs et forment devant la toile de fond
des hauts sommets enneigés un splendide décor.
Les chemins, généralement empierrés, sont bien entretenus
mais comme partout au Népal où on va tout droit sans guère
se soucier du relief, les montées raides (souvent en escaliers : “stone
steps”) et les descentes du même style alternent pour le plus grand
bonheur de nos genoux...
Il n’y a ni route...ni électricité, cette dernière s’arrêtant à Syabru. L’éclairage se fait grâce à de petits tubes fluorescents alimentés par des batteries solaires qui, ne fournissant que du courant continu, ne peuvent alimenter des appareils électo-ménagers, donc pas de télévision; pas de téléphone non plus. Il faut emporter avec soi plusieus batteries de rechange pour les camescopes.
On rencontre sur les chemins parfois étroits et en corniche des porteurs véhiculant sur leus dos de grandes poutres pour la construction des maisons et obligés de marcher en crabe pour mettre leur chargement dans l’axe du chemin !
En avril, la température est agréable même à 4000 m tout au moins dans la journée, car la nuit il gèle. D'autre part, le vent qui souffle presque sans arrêt n’est pas des plus chauds.
Le danger en altitude est le MAM (mal aigu des montagnes) pouvant entraîner
des oedèmes mortels. Il faut s’acclimater très doucement.
Florence et moi-même sommes montés au Kyiangjin Ri à 4700m
d’altitude sans problème tandis que Nicolas, lui, est monté
au Tsergo Ri à 4984m.
Le paysage est sublime : immense cirque dominé par le Langtang Lirung,
le Tshambu Ri, le Dragpoche, le Yala peak, le Dorge Lagpa, le Gangchempo, le
Ponggen Dopku et le Naya Kanga toutes montagnes de 6000 et 7000m (que le lecteur
reconnaîtra sans peine...).
Dans ces contrées de haute altitude, il y a toujours autant d’enfants qui jouent, crient et pleurent (peu) comme tous les enfants du monde mais dont la propreté laisse parfois ...un peu à désirer. Ils sont assez souvent pieds nus et vêtus au minimum. Ils étaient ravis de pouvoir jouer avec les ballons de baudruche qu’on leur donnaient (Nicolas en avait apportés 100!).
Je ne peux terminer cet aperçu du Langtang sans parler de la vallée
adjacente, l’Hélambu, une des régions les plus déshéritées
du Népal, dans laquelle nous ne sommes pas allés car il aurait
fallu, depuis Syabru, passer le col "Lauribinyak pass" à 4500m
d’altitude, lequel en raison de la mousson qui nous a surpris le dernier
jour, était dans les nuages, sous la pluie et vraisemblablement sous
la neige.
Si vous ne craignez pas de vous sentir fortement interpellé
je vous invite vivement à appuyer sur votre souris pour aller visiter
le site:
http://www.tibet-nepal.org/human/index.fr.html.
Je m’adresse principalement aux brancardiers et infirmières de
l’A.B.I.I.F.
Attention, si vous visitez ce site, vous ne verrez plus la vie
comme avant et vous penserez : Lourdes, c’est bien, c’est
même très bien, c’est même sublime car on y recontre
foi, ferveur et dévouement admirable, mais il faut reconnaître
que c’est une sorte de solution “clefs en main” plutôt
facile, l’hospitalité Notre-Dame est un établissemnt très
remarquable mais qui s’apparente quelque peu à un hôtel de
luxe, (il y a eu jadis un certain petit enfant dont la maman n’a, elle,
trouvé qu’une pauvre crêche pour le loger...) ! Ce n’est
pas Julie, Laetitia, Laure, Matthieu, Arnaud ou Marie (cette dernière
dont on aimerait bien recevoir un témoignage) qui me contrediront.
(voir http://www.abiif.com/pages/cadres/cadre_monde.html).
Là-bas, il n’y a pas de “terrasse” (si ce n'est les
rizières...) et on n’y va pas en costume-cravate (je ne vise personne),
ni en train-couchettes (il n'existe pas de chemins de fer au Népal) mais
"pedibus cum jambis".
Delhi, Calcutta, Taïwan, certes, mais qui connaît l’Helambu?? personne !
Là-bas, il n’y a ni soeur Thérésa, ni soeur Emmanuelle, pas de propagande médiatique, même pas d’électricité.
C’est le dénuement complet.
Mais l’APPEL est vibrant.
Et, comme si cela pouvait être possible, il y a plus dramatique encore : http://www.chandrodaya.org
Bernard