Le trek de Naar et Phu (plutôt de Phu et Naar car on commence par la vallée
de Phu pour grimper ensuite au plateau de Naar)
constitue assurément un des plus beaux treks du Népal.
Il est pourtant presque ignoré des trekkeurs et est très peu fréquenté.
Il est vrai qu'il est peu recommandé aux personnes sujettes
au vertige et peut devenir dangereux (et même très risqué par mauvais temps)
en certains endroits avalancheux.
Il se déroule dans le Népal profond, sauvage, situé entre
Annapurna, Manaslu et Tibet.
Pour l'atteindre il faut déjà faire le tour classique des Annapurnas jusqu'à
Koto.
On bifurque alors vers l'est dans les profonds défilés, gorges et canyons de
la Naar/Phu Khola (Khola en Népali signifie "rivière" ) quasiment inhabités
pour rejoindre le village de Phu très loin (3 très grandes journées
de marche),
puis on revient en partie sur ses pas pour grimper, grimper jusqu'au plateau où se trouve le village de Naar,
puis revenir dans le tour des Annapurnas à Ngawal en passant le col du Kangla
Pass (ou Kangla Bhangyang en Népali)à 5300 et quelques mètres
d'altitude où la vue, réellement fantastique, est une des plus
extraordinaires de tout l'Himalaya, et d'autant plus rare qu'elle ne semble
exister sur aucune carte postale.
De là, il reste à terminer le tour des Annapurnas dont on aura alors fait à
peu près 1 tour 1/ 2 ou revenir à Besisahar en refaisant ce même tour en sens
inverse.
Une 3e solution, très aléatoire, consiste à revenir à Pokhara en avion depuis
Hunre si on a beaucoup de chance
car il n'y a pas de ligne régulière et seulement un avion de temps en temps.
Nous avons tenté notre chance et elle nous a souri car il y avait précisément
un vol le lendemain
alors que justement le superbe beau temps qui nous avait accompagné jusque là
commençait à changer,
ce qui semblait normal car en décembre après la pleine lune c'est la période
habituelle où il neige.
De fait nous sommes arrivés à Pokhara avec le mauvais temps.
Ce trek peut se faire en bonne partie dans des petits lodges très rudimentaires
mais nécessite au minimum un camp à Kangla Phedi.
Pour le reste, il est préférable de n'utiliser que la cuisine
des mini-lodges et dormir sous la tente.
Ambiance Sherpa. Les Sherpas sont d'une vitalité, d'une force, d'une
endurance, d'une convivialité et d'une gentillesse extraordinaire.
C'est proverbial mais réellement justifié.
Seul petit problème : l'altitude et les pentes raides n'ayant pas l'air
d'exister pour eux,
ils ont tendance à filer comme des lapins et il faut les freiner.
En tous cas pour ce 18e trek, c'est la première fois que je vois des
porteurs bien équipés, comme le guide (et le client),
alors que la plupart du temps les porteurs sont plutôt en guenilles.
Il est vrai qu'ils étaient aussi guides.
J'avais donc plutôt 3 guides qu'1 guide et 2 porteurs.
Je souhaite à tous les lecteurs de cette page d'avoir un jour la chance d'effectuer
ce magnifique trek.